La domination du RDPC au Cameroun est de plus en plus nette et justifiée par un électorat camerounais de plus en plus vieillissant. Les jeunes camerounais affichent leur désintérêt et leur désamour pour la politique. Alors qu'ils constituent une grande partie de la population camerounaise ces derniers ne se mobilisent guère pour les élections se sentant abandonnés par les politiques en qui ils avaient crus et placés leurs espoirs.Une partie de l'électorat qui est plus préoccupée par ses problèmes existentiels (chômage, éducation, santé...) que par la gestion de la cité, bien- sûr à tort tant est-il que l'un ne saurait aller sans l'autre.Ces derniers ne trouvent donc plus d'échos auprès des opposants qu'on a vite taxés de traitres voire de matamores. Alors que le RDPC lui, brandit la paix, la stabilité en jouant sur la peur. Mais qui sont ces opposants qui pourrait démontrer que la paix rdpéciste est une paix précaire, une pauvre paix, une paix stoïcienne, la paix des c½urs qui soupirent par ce qu'ils n'ont pas ce qu'ils désirent? Par conséquent, ceux qui ont connu la gloire et qui ont bénéficié des largesses du régime du Renouveau et qui ont en mémoire les tumultes du début des années "villes mortes" et du maquis ne souhaitent que la sécurité quand ils ne pensent pas préserver leurs privilèges et acquis (illégaux ou légaux).
Pourquoi l'opposition ne ferait-elle pas de même?
Pour l'instant trop préoccupés à s'affirmer au sein de leur formation politique, tracassés par la guerre des clans et des égos, les opposants peinent à se montrer crédibles et à jouer collectif pour être une force de proposition. Faute de se faire entendre sur le fond, l'opposition sombre sur des attaques portées contre la personne de Paul Biya. Une stratégie qui la montre discrète sur les problèmes de la société camerounaise. L'opposition gagnerait pourtant à aller à la rencontre des citoyens camerounais, des électeurs afin de conquérir le peuple souverain et bien préparer les futures élections. Certains me brandiront l'argument des moyens financiers et matériels, vraisemblable, mais elle manque aussi d'innovation, de créativité. Au delà de la guerre des clans, de l'éclatement des principaux partis ( SDF, UPC, RDMC....)c'est au débauchage que l'on assiste dans leurs rangs. Le plus récent en date est celui de l'un des colistiers de Fru Ndi, Richard Munteh Ndula, qui vient de rejoindre le parti de la flamme.
En plus d'être populiste, l'opposition camerounaise n'est-elle pas victime de son échec stratégique ce qui consoliderait par là la force du RDPC? Une opposition en perte de repères idéologiques, incapable de proposer quoi que ce soit de crédible et susceptible de captiver les consciences. Il est pathétique de voir l'opposition commencer par manifester son hostilité à la modification d'un article de la constitution et terminer sur un compromis qui ne dit pas son nom sur une éventuelle anticipation des élections.
Si le RDPC connait déjà son candidat pour 2011, l'opposition elle, tarde à présenter des noms. Personne d'ailleurs ne se démarque à ce jour. Mis à part les conjectures et les supputations qui font le bonheur des éditorialistes, rien à ce jour ne laisse imprimer un nom qui pourrait se présenter sérieusement en challenger . Évidemment quelques voix de plaisantins sont venues de la diaspora. Mais quel est réellement leur poids politique et électoral dans un pays foncièrement acquis par pis-aller à la cause du parti au pouvoir.
L'échec stratégique de l'opposition et le désespoir des camerounais ne font -ils pas par ricochet le bonheur du RDPC? N'est-il pas temps de revoir la copie pour une alternative, Espoir 2011 est-ce possible d'y rêver?