Le Cameroun, et il est peu de le dire est rentré dans une zone de turbulence. Les évènements qui ont agité notre pays et dont la gestion pendant et après a été calamiteuse dénotent tout simplement du climat d'improvisation qui règne et de l'absence de projet et de vision de la part de ceux qui sont aux manettes .
Je pense aussi comme le dit le président de la république que ces évènements ne sont pas le fruit du hasard, bien au contraire ils ont un sens et une genèse, mais en revanche ils ne sauraient être le fruits de pseudo manipulateurs à qui on prête des pouvoirs dont ils ne disposent .
Depuis le retour à la démocratie dans les années 90, le peuple camerounais dans son ensemble n'a cessé d'aspirer à plus de liberté , mais surtout à un mieux vivre. Beaucoup d'espoir sont donc nés de ces années de braises où deux forces de manières manichéennes étaient en lutte. D'un côté, le pouvoir en place symbolisant les forces du mal, désireux de maintenir le peuple dans l'ignorance, la dictature, la pauvreté la soumission et sous la dictature du hasard permanent et de la corruption. De l'autre côté les soupirants à plus de démocratie, et prêts à tout pour y arriver, "villes mortes" et autres "feux" pour brûler tout ce qui résistait à leur hargne. cela a donné lieu dans bon nombre de pays d'Afrique à des troubles, guerres civiles et autres conférences nationales et symbolisant paradoxalement les forces dites du bien.
La conférence tripartite, terrible jeux de dupes, où les participants qui décidaient des conditions de la démocratie accouchèrent d'un consensus mou que de toute façon le président s'engagea implicitement à ne jamais d'ailleurs mettre en œuvre. Les opposants se faisant fouettés au sortir des travaux, et le premier ministre de l'époque qui fit preuve de beaucoup de courage, dirigeant cette simulacre de réunion au même moment où sa fille était couché sur un lit de mort est depuis écarté de la vie politique au Cameroun.
La tripartite, créa des conditions d'une impossible démocratie, parce qu'elle radicalisa les positions. Le régime se mit en tête de ne jamais quitter un jour le pouvoir, et l'opposition de contester éternellement toute forme d'élection quelle que soit sa conduite. L'élection présidentielle de 92 est symbolique à ce sujet, car on ne saura jamais qui en avait été le véritable vainqueur, même le président de la cour suprême, chose courageuse reconnu qu'elle fût entachée de beaucoup d'irrégularité, mais ne prit pas le risque de l'invalider. On peut donc imaginer, compte tenu du score trop serré que le président s'imposa juste à la tête de l'état et depuis lors ne souhaite pas partir.
la situation sociale et économique des populations elle n'a cessé de se dégrader. Double baisse de salaire à la fonction publique (hors mis militaires et policiers, on sait pourquoi), la corruption gagna toutes les strates de l'administration et des rapports humains dan notre pays, au point d'être aujourd'hui le principal frein au développement du Cameroun, mais fatalement aussi la chose du monde la mieux partagée et pratiquée dans ce pays de l'Afrique équatoriale.
Que Biya veuille donc changer la constitution, ne nous surprend pas, et que la misère explose à la face du pays et du monde n'a aussi rien d'étrange. Ce qui surprend en revanche, c'est la cécité et le cynisme de ceux qui refusent de tenir compte du caractère social des évènements de fevrier dernier, et qui n'érigent pas monument et un deuil national pour ces compatriotes tombés sur le champs de bataille de la conquête des ibertés et du bien être. Ce qui surprend aussi, c'est la tentative de récupération d'un mouvement social par des "opposants" qui depuis ont trahi les aspirations et l'espoir que le peuple avaient placé dans leurs démarches. ces opposants, désormais financés par le pouvoir en place, et servant d'alibi à toutes ces tentatives de confiscation définitive du pouvoir par une bande de délinquants économiques qui sont prêt à aller jusqu'à perdre leur vie pour maintenir leur gâteau.
Je pense donc, qu'il faut aujourd'hui organiser la résistance, non pas face à un homme, fut il le chef d'un état moribond, mais organiser la résistance comme la prise en main des affaires par des patriotes progressistes et amoureux des camerounais et du Cameroun. Cette ambition est notre raison de vivre, et pour cela le temps nous est compté, il faut faire vite et inventer les moyens d'action et des stratégies efficaces pour y parvenir.
Pierre Armand BIKELE